Face à la montée des eaux, les maisons flottantes

Maisons flottantes

Les maisons flottantes et les villes sur l’eau sont-elles l’avenir de notre civilisation ? Face aux changements climatiques mais aussi à l’augmentation du nombre d’habitants des villes de la planète, les Pays-Bas ont déjà imaginé des solutions qui permettraient de ne plus craindre la montée des eaux et d’éviter aux réfugiés climatiques des îles actuellement menacées d’avoir à quitter leur pays. Depuis les années 2000, en raison des contraintes existantes depuis des années dans ce pays qui se surnomme lui-même « le marécage de l’Europe », des architectes renommés se sont spécialisés dans le design de ce type de lieu de vie.

Pour eux, voir les changements comme des opportunités et non pas comme des dangers, leur ont permis de repenser le mode de vie du futur en y apportant des solutions. Tout un quartier d’Amsterdam, un village flottant expérimental, est sorti des eaux il y a quelques années, avec le même confort que sur terre – réseau d’eau potable et électrique. Ce type d’habitat futuriste présente de nombreux avantages, et contrairement aux îles artificielles construites par les pays du Moyen-Orient, qui nécessitent une gigantesque quantité de sable et sont donc une catastrophe écologique, ces bâtiments (maisons, bureaux, boîtes de nuit, salles de conférences, musées, et même… jardins !) sont bel et biens flottants, grâce à des « fondations » creuses faites de béton très condensé et complètement hydrofuge, ou de polystyrène expansé recouvert de béton. Ce processus de fabrication est très fiable et permet de garantir chaque bâtiment pour au moins une centaine d’années. Seul désavantage : tout doit être équilibré, donc on ne pourra pas déplacer la cuisine ou la salle de bains, des pièces très lourdes, dans l’avenir. Il faut bien réfléchir avant de lancer sa construction ! Ces maisons flottantes sont construites dans des chantiers navals, parfois une quinzaine en même temps, puis sont remorquées jusqu’à leur destination « finale ». La construction dure seulement de 15 à 20 semaines. Et si vous ne supportez plus vos voisins, vous pouvez en changer en quelques minutes !

Ces maisons sont imaginées comme des écosystèmes, et reprennent les modalités des bâtiments BBC voire passifs : grandes baies vitrées avec isolation thermique et phonique et captation de la lumière, panneaux solaires et/ou éoliennes, recyclage des eaux usées…

Ces concepts de villes flottantes sont aussi un excellent moyen de « redessiner » et redéployer les villes en fonction des besoins de leurs habitants : ajouter ici ou là une école, retirer un parking ou déplacer des quartiers complets pour augmenter la taille de leurs jardins publics (flottants eux aussi). Les villes deviennent dynamiques et flexibles, et permettent de résoudre de nombreux problèmes posés aux urbanistes.

Ces bâtiments flottants sont aussi des concepts idéaux pour un développement dans les villes des pays de développement qui comportent des bidonvilles situés près ou sur l’eau. Ecoles flottantes interactives, toilettes publiques, conteneurs de ramassage des déchets… les idées ne manquent pas et vont bien au-delà du problème de la montée des eaux. Ils pourraient permettre aux plus pauvres de retrouver un accès à l’eau potable en leur fournissant un moyen d’éliminer leurs déchets au lieu de les jeter dans la nature, ce qui serait pour beaucoup une énorme avancée dans leur niveau de qualité de vie, en plus du fait de vivre dans un logement neuf et décent. L’idée est de construire ces maisons et bâtiments flottants en réutilisant des containers, déjà utilisés pour construire rapidement et à bas coût des résidences universitaires aux Pays-Bas. Sachant que presque un milliard de personnes vivent dans des bidonvilles, le potentiel est immense.

Maisons flottantes

Maisons flottantes

Une solution d’avenir pour toutes les villes et toutes les îles, comme les Maldives, menacées par la montée des eaux. Les révisionnistes climatiques prévoient la montée du niveau des mers d’un mètre d’ici la fin du siècle, et de nombreuses grandes villes seront touchées : New York, Djakarta, Londres, Shanghai, Saint Petersbourg ou Miami. Il y a donc un gigantesque potentiel pour les architectes spécialisées dans l’habitat flottant et pour les sociétés qui les construisent, de même que pour les industries annexes : les fabricants de bateaux, entre autres. 

Flower Island
Flower Island

Maisons flottantesCapture d’écran 2015-10-25 à 16.34.47

Port artificiel flottant
Port artificiel flottant

De nombreux projets émergent dans cette même optique : des îles pour accueillir les réfugiés climatiques, des tours flottantes, des fermes « surmarines » pour faire pousser des végétaux et élever des poissons (les uns alimentant les autres dans un système circulaire), des hôtels, et bien d’autres concepts. Larguez les amarres !

Sources : Arte, Futuremag, émission du 24 octobre 2015 / Futuremag, revue du web.

Notez cet article !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *