Le WFRE 2015, David Katz et The Plastic Bank

GF a passé 3 jours enthousiasmants au Word Forum for Responsible Economy à Lille. Cette année, les entreprises de la nouvelle économie verte et solidaire étaient à l’honneur, avec des gens motivés, et inspirants.

Celui qui m’a le plus touché et avec qui je viens de parler pendant plus de 30 minutes, c’est le Canadien David Katz, le créateur de The Plastic Bank, qui a créé une organisation incroyable. La preuve vivante que le Nouveau Monde ça peut être gagnant-gagnant-gagnant-gagnant, un cycle vertueux qui commence…  avec des déchets.

David Katz @ WFRE 2015 Lille (photo de moi-même)

David Katz @ WFRE 2015 Lille (photo de moi-même, floue bien entendu.)

David Katz a créé son entreprise The Plastic Bank a Vancouver il y a deux ans, en imaginant un modèle d’affaires ingénieux qui permet à la fois de nettoyer les océans et de soutenir des communautés. Son projet permet en effet de soutenir les communautés défavorisées d’Haïti en leur offrant une source de revenu, tout en luttant contre la pollution des océans et de l’environnement. Il a fait le constat suivant : il y a aujourd’hui sur Terre plus de plastique qu’on ne pourra jamais en utiliser. The Plastic Bank a pour mission de démontrer l’intérêt commercial des déchets de plastique et de leur trouver un débouché rentable, pour en bout de course arrêter la production de plastique. Et en premier lieu, empêcher celui qui existe déjà de continuer à polluer les océans et de provoquer la mort de nombreux animaux marins et oiseaux de mer, tout en rémunérant des communautés défavorisées pour ramasser les déchets de ce type qui se retrouvent le long du littoral.

On rappelle que les mers du Globe connaissent une pollution par les plastiques absolument considérable. Un tout petit exemple : l’atoll de Midway, perdu en plein océan Pacifique, à 2000 milles nautiques de toute civilisation. Un sanctuaire pour toutes sortes d’oiseaux marins, classé refuge pour la vie sauvage (National Wildlife Refuge) en 1988 et devenu une destination écotouristique privilégiée pour les amoureux des oiseaux. On peut y admirer des dizaines de milliers d’albatros venus se reproduire dans ce petit paradis… qui est devenu un enfer. On y retrouve des milliers d’albatros morts, adultes comme bébés, l’estomac rempli de déchets plastiques qu’ils n’ont pu digérer, morts de faim car ne pouvant plus rien avaler. Attention les yeux : aucun objet n’a été déplacé, ni manipulé.

Albatros plastique

Une autre illustration terrible avec cette tortue emprisonnée dans un emballage de canettes, qui n’a pu grandir normalement. Il y en a des milliers (millions ?) d’autres, on vous les épargne.

Peanut, la tortue emprisonnée dans un emballage

Après avoir d’abord mené un projet-pilote au Pérou, leurs principales activités se trouvent maintenant en Haïti. Il y déjà sur place plusieurs ONG qui supportent le démarrage de petites entreprises de récupération de déchets, dont l’organisme Executives Without Borders avec qui ils collaborent. Ces petites entreprises, gérées par des locaux, permettent à des individus démunis d’avoir un revenu grâce au plastique qu’ils échangent à un taux fixe. Celui-ci sera ensuite vendu à des centres de recyclage locaux. Plastic Bank intervient à ce stade en achetant la matière, non seulement recyclée, mais aussi sociale, car elle améliore la vie de milliers de gens. Elle est alors livrée dans les usines des entreprises qui l’achètent à un tarif fixé par The Plastic Bank, ce qui assure sa viabilité économique.

Ramassage plastique

Le ramassage du plastique permet non seulement d’épargner les océans, mais aussi de nettoyer les rivières polluées par les déchets, dans des pays où les poubelles sont inexistantes, et d’éviter ainsi la propagation du choléra, comme en Inde, au Bangladesh ou à Haïti… entre autres.

Executives without Borders a facilité le contact avec la population et Plastic Bank contribue à ce que le travail des collecteurs soit plus profitables. Quelque 1000 Haïtiens font la collecte des déchets chaque jour, pour 1,3 million de kilos de plastique récupérés par année.

Plastique rivière bulgare

The Plastic Bank va encore plus loin : au lieu d’échanger les déchets de plastique contre de l’argent, le programme de Plastic Bank propose de l’utiliser comme monnaie pour s’acheter par exemple des minutes de cellulaire, du wifi, des lampes alimentées par l’énergie solaire, des chargeurs de cellulaire. C’est encore plus fort : le plastique devient une nouvelle monnaie, contre laquelle on obtient directement les biens et services dont on a besoin. Et cela va encore plus plus plus… loin (!) : le plastique est notamment transformé en plastique spécial imprimantes 3D, ce qui permet aux populations pauvres de fabriquer toutes les petites pièces qui leur manque pour réparer les objets du quotidien.

Toute entreprise qui utilise du plastique pour fabriquer ses produits peut utiliser le plastique recyclé de Plastic Bank. Ce « plastique social » possède les mêmes qualités qu’un plastique ordinaire, en plus d’avoir l’immense avantage de changer des vies. L’entreprise canadienne Lush est la première compagnie à avoir embarqué dans le mouvement du plastique social en 2014 ; elle l’utilise pour les contenants de ses produits pour le corps.

Résolument entreprise de la Troisième Révolution Industrielle, Plastic Bank utilise également les réseaux sociaux pour militer et promouvoir son concept : sur son site web, les internautes peuvent demander à des compagnies d’utiliser le plastique social. Jusqu’à maintenant, les marques les plus interpellées sont Nestlé, l’entreprise de produits ménagers et d’hygiène Seventh Generation, Ikea, Coca Cola et Unilever.

Pour David Katz, le plastique social est une solution pour réduire à la source et sensibiliser la population et les entreprises. Un autre projet devrait également démarrer aux Philippines avant la fin de l’année. Et Plastic Bank devrait rapidement réussir un autre challenge : rendre le plastique social plus compétitif en termes de prix, et même moins cher que le plastique recyclé classique.

Si on résume, les objectifs de David Katz sont :

  1. Délivrer l’océan et la nature des milliards de tonnes de déchet de plastique (c’est déjà fort)
  2. Fournir un travail et un revenu aux populations les plus pauvres
  3. Financer ainsi leur accès à l’éducation et à Internet
  4. Leur permettre de créer leurs entreprises…. et de sortir définitivement de la pauvreté.

!!!!!

On n’oubliera pas un dernier point, essentiel, de ce concept +++ : plus besoin de continuer à extraire du pétrole… pour fabriquer du plastique… qui pollue…

Si ça, ce n’est pas contribuer à changer le monde… The Plastic Bank cumule jour après jour des centaines d’interviews, de prix, de vidéos, de « like », de clients, de contributeurs, de financeurs. Après seulement 2 ans d’existence. Alléluia.

plasticbankheader

Source : novae.ca / maxisciences.com

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